La truelle de Luigi Cavanna

Luigi Cavanna est né en 1880 à Bettola, commune de la province de Plaisance, en Italie.

"Mon père n’aimait pas beaucoup se raconter. Mais de temps en temps, quand il se laissait aller, il me disait. On ne sait jamais pourquoi ça venait dans la conversation. Enfin bref, par recoupements, j’ai pu retracer toute son histoire". François Cavanna, fils de Luigi.

Abdelkader Zennaf

Abdelkader Zennaf est né en 1948 en Algérie.

Son père a émigré en France en 1937 et en 1951, la famille le rejoint. Il raconte ici le quotidien de l’immigration algérienne à Saint Chamond, petite ville de la Loire, dans les années 50-60.

Tran Dung-Nghi

D’ordinaire, Tran Dung-Nghi garde toujours avec elle, dans son sac, le chapelet bouddhique que sa grand-mère lui avait transmis. Elle l’a déposé au Musée.

Après son départ du Viêt-nam, à 12 ans, Tran Dung-Nghi n’a jamais revu sa grand-mère, qu’elle chérissait, mais elles n’ont jamais cessé de s’écrire. La dernière lettre était postée des États-Unis.

La carte de gréviste de Fousseni Sacko

Fousseni Sacko naît en 1981 au Mali, à Bamako. 

C'est avec un visa de touriste qu’il arrive à Paris en juin 2006. Il s’installe chez son père qui avait immigré seul bien des années auparavant, lorsqu'il était encore enfant.

Le 7 octobre 2010, le Palais de la Porte Dorée est occupé par un mouvement de sans-papiers. Ils sont cinq cents grévistes à s’y installer pendant quatre mois. Fousseni Sacko revient sur cet épisode trois ans après, en racontant son parcours et en donnant sa carte de gréviste qu’il conservait comme un "morceau d’histoire". 

Mohammed Shahab Rassouli

De l'Afghanistan à la France, être migrant clandestin, à 15 ans...

Afghan réfugié en Iran, Mohammed Shahab Rassouli a 14 ans et demi quand il décide de quitter l'Iran pour l'Europe, seul. Contre l'avis de ses parents il part et traverse l'Iran, la Turquie, la Grèce, l'Italie pour finalement arriver en France, à Boulogne-sur-Mer.  Là il s'installe, passe son bac et commence un BTS.

Cet entretien a été réalisé dans le cadre de l'exposition Frontières, présentée au Musée du 10 novembre 2015 au 3 juillet 2016.

La photo de Giorgio Molossi

C'est parce qu'il y avait ses frères et sœurs que le père de Giorgio s'est résolu à quitter l'Argentine, en 1960, pour débarquer en France. Une photo a servi de sésame, passée du père au fils, puis confiée au Musée.

Le marteau de Maria Luisa Broseta Marti

María Luisa Broseta Martí, née en Espagne, fuit avec ses parents l’avancée des troupes franquistes durant la guerre civile et arrive en France en 1939.

"J’avais huit ans. C’était le matin très tôt, le 13 janvier 1939. Ma mère nous a réveillés : ‘il faut partir’. Alors a commencé l’exode. On cheminait lentement vers la frontière, sur une route encombrée de charrettes, voitures, camions et, surtout, de gens qui fuyaient à pied devant les troupes nationalistes."
María Luisa Broseta Marti

Le carnet d'écolier. Addy Fuchs

Addy Fuchs est né en 1926 à Paris (Belleville), de parents polonais.

"Je suis né en 1926 à Paris, à l'hôpital Rothschild, parce que dans le temps c'était gratuit pour les familles pauvres. Mes parents sont des immigrants arrivés de Pologne en 1919, 1920. J'ai vécu une enfance heureuse, pauvre, dans un village qui s'appelait Belleville, rue de la Mare. Mes parents s'étaient mariés religieusement en Pologne. Leur village était un petit bourg entre Varsovie et Lodz qui s'appelle Rawa Mazowiecka. Ils faisaient partie de grandes familles juives, extrêmement religieuses, orthodoxes, hassidiques. La famille de ma mère avait 18 gosses, celle de mon père 13 seulement. C'était des gens de synagogue."

A son retour de déportation et sur le cahier de sa 3e interrompue au Lycée Colbert, Addy a commencé à noter ce qu'il avait vécu.

Ismael Hajji. Le club

Sur la photo, il a les cheveux longs – c’était les années 70. Dans les buts du Club des Douaniers, à Casa, Ismaël rêvait de devenir un grand footballeur.

"Je suis né le 21 décembre 1956, dans un village du sud du Maroc, Tefret. C’est dans le petit Atlas, à 100 km après Tiznit. On est des Berbères. Dans la famille, on est cinq sœurs et quatre frères et je suis le deuxième. Mon père travaille toujours, il est menuisier, et aussi agriculteur. Il cultive un peu de tout, surtout du blé, et puis des légumes, sur les terres qu’il a héritées de son père. Quand il n’y a pas de travail aux champs, il fabrique des meubles, des fenêtres, des portes. Mais aujourd’hui, c’est nous, les enfants, qui l’aidons pour vivre. De la famille, je suis le seul à être venu en France. Au village, il reste seulement une sœur et mon père. Tous les autres sont dispersés au Maroc."

Voyages de Pierre Radvanyi

Né en 1926 à Berlin, Pierre Radvanyi a conservé toute sa vie, malgré bien des périples, son premier livre d’enfant, Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède.

"Mon père, Laszlo Radvanyi, était hongrois. Tout jeune, comme étudiant, il a participé à la révolution de 1919, à Budapest, et a fui la répression à Vienne, puis à Heidelberg, en Allemagne. C’est là, à l’université, qu'il a rencontré ma mère. Par la suite, il n’a jamais voulu remettre les pieds en Hongrie et n’a jamais non plus voulu dire pourquoi. Ma mère, elle, était d’une famille juive de Mayence installée dans la région depuis des siècles. (...) Ils se sont mariés en 1925 et se sont installés à Berlin, où je suis né l’année suivante. Mon père était un militant proche du Parti communiste et sous son influence, ma mère s’est rapprochée aussi de la politique. Elle était membre de l’Association des écrivains prolétariens, lui a été l’un des fondateurs de l’Université ouvrière de Berlin, où il enseignait l’économie, l’histoire, la philosophie."

La timbale de Thonn Ouk

Exilé en 1975, alors que les Khmers rouges s’emparaient du Cambodge, Thonn Ouk n’a conservé de sa vie d’autrefois que de très rares objets, dont cette timbale en argent.

Le tabouret d'Alphonse Marie Toukas

Né en 1935 au Congo, alors colonie française.

Un objet qui sait d’où l’on vient, à garder toujours près de soi : c’est l’un des conseils maternels qu’Alphonse-Marie a suivi fidèlement. Son tabouret lui évoque la mère qui n’est plus là, le pays qu’il a dû laisser. Il raconte.

Les carnets de Taoufik Bestandji

Né en 1957 à Constantine, en Algérie, Taoufik Bestandji a déposé au Musée ces carnets manuscrits de musique transmis par son père et hérités des générations de musiciens qui l'ont précédé.

La pierre du métro de José Batista de Matos

José Batista de Matos venu du Portugal en 1963, présente sa “pierre-trophée” trouvée lors de la réalisation de la station Charles de Gaule. Cette pierre à laquelle il a ajouté des morceaux de carrelages des couloirs de métro, constitue pour lui le témoignage de sa contribution au développement économique de la France.

Le Parcours de Serge Bac

Serge Bac est né en 1960 dans une ville de l'empire Russe qui deviendra par la suite roumaine.
Il immigre en France pendant les années 20 et s'y installe comme ouvrier tailleur.
Juif, étranger, il s'engage comme volontaire dans l'armée française pendant la 2e guerre mondiale.
Son fils, Arnold Bac, raconte son parcours.

Le passeport de Cristina Diaz Vergara

Après le coup d'Etat de 1973 au Chili, Cristina Diaz Vergara est arrêtée une première fois.
Relâchée, mais se sentant en danger, elle décide de quitter le pays avec son mari et sa fille de un an.
Elle revient ici sur les conditions de cette fuite, symbolisée par le passeport qu'elle donne au Musée.

Le parcours de la famille Drvar

Joseph Drvar, tchécoslovaque, immigre dans les années 20. En 1933, sa femme et ses enfants le rejoignent.
Ayant décidé de ne pas repartir, Joseph fait le choix de l'intégration et fait naturaliser ses enfants.
Sylviane, fille d'un des premiers enfants du couple, raconte l'installation de la famille en France, et revient sur le choix de son grand-père de rompre les liens avec la Tchécoslovaquie.

L'arpillera de Maria R.

Après le coup d'Etat de 1973 au Chili, les parents de Maria R. quittent leur pays et obtiennent le statut de réfugiés politiques en France.

Le couple s'installe en Ile-de-France et y aura trois enfants. Après la chute de la dictature, la famille repart s'installer au Chili en 1992. Mais, quatre ans plus tard, malgré la joie d'avoir retrouvé leur famille, les parents de Maria décident de revenir en France avec leurs enfants.

Maria revient sur ce retour manqué au Chili, ce qu'il a représenté pour elle et ses parents. Et elle évoque, à travers l'arpillera qu'elle donne au Musée l'histoire des exilés chiliens.

Le parcours de Nikolaï Angelov

Rom de Bulgarie, Nikolaï Angelov immigre en France à l'âge de 18 ans pour accompagner son père. Il va passer trois ans à la rue. La rencontre avec Thierry Heuninck va lui permettre de "s'en sortir"

À partir de son téléphone portable et de son sac de couchage, objets emblématiques de sa vie dans la rue, il revient sur son parcours et sur la condition des Roms.

Le parcours de José Perlado

Violette Perlado revient sur le parcours de son père.

Elle dépeint un homme à la fois discret, élégant et qui sera au cours de sa vie ouvrier ébéniste, capitaine dans l'armée républicaine espagnole, réfugié, enrolé dans une compagnie de travailleurs espagnols, déporté au camp de Mauthausen et qui redeviendra ensuite ouvrier ébéniste.

Un parcours douloureux mais porté par un idéal internationaliste.

Le parcours d'Amir Houcheng Navaï

Amir Houcheng Navaï est né à Téhéran en 1928. Fils d'un noble et d'une domestique rejetés par leurs familles, il a eu avec ses frères et soeur une enfance difficile.

En 1950, il part en France avec son frère Morteza pour y suivre des études de médecine. Il y rencontrera Anne-Marie Rospars avec qui il aura deux enfants.

Amir ne retournera qu'une seule fois en Iran mais il a transmis à ses enfants l'histoire de sa famille, l'histoire de l'Iran de la première moitié du 20è siècle et son goût pour la littérature et la culture persane.

Le faux passeport de Fodé Kaba

Guinéen, Fodé Kaba vient en France pour y poursuivre ses études. En 1958 son pays choisit l'indépendance et il se retrouve étranger avec des papiers devenus caducs.

Il reste en France et se marie avec une française avec qui il aura une petite fille. Désireux de participer à la construction de la Guinée, ils s'y installent tous les trois. Mais la dureté du régime les pousse à repartir.

Si sa femme et sa fille peuvent sortir du pays, Fodé Kaba, guinéen, ne peut pas. Il devra passer par la Sierra Leone et par un faux passeport pour pouvoir sortir d'Afrique et retrouver sa famille.

Le pavillon de l'Aquarius

L'Aquarius a été affrété par l'ONG SOS Méditérranée pour secourir les personnes en détresse en mer Méditérranée centrale. De 2015 à 2018, le bateau a effectué 29653 sauvetages.

A l'été 2018, l'ONG va voir son action entravée par la fermeture des ports italiens puis par le dépavillonage du bateau par Gibraltar. Deux membres de SOS Méditerranée reviennent ici sur ce dépavillonnage et ce qu'il a signifié.